Fléche Epiphyse.JPG (61333 octets)Chez l'homme le troisième oeil n'est pas frontal ou pariétal et il n'affleure plus à l'extérieur, mais il subsiste sous la forme d'un reliquat glandulaire dont l'action ,très longtemps méconnue s'avère très importante: l'épiphyse

L'Épiphyse-    

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Elle est appelée aussi "glande pinéale" parce qu’elle a la forme d’une pomme de pin, ou aussi "conarion", en raison de sa forme de petit cône, déjà décrite par Galien à la fin du 2e siècle dans son traité " de anatomicis administrationibus".

Elle est appelée "glande H" par Descartes, suivant en cela la terminologie des planches anatomiques de Gaspard Bauhin.

Elle fait partie du diencéphale, c’est le cerveau intermédiaire situé entre les deux hémisphères cérébraux, en avant du mésencéphale et du cervelet .Elle se situe au-dessus du diencéphale, à l’opposé de l’hypophyse avec laquelle il ne faut pas la confondre, qui, elle, est au-dessous fixée dans une cavité osseuse: la celle turcique du sphénoïde( alors que l'épiphyse est essentiellement mobile)

 

Le cerveau intermédiaire est situé entre les deux hémisphères cérébraux, et en avant du cerveau moyen. Il est creusé dans toute son étendue d’une cavité épendymaire : le troisième ventricule. L’épiphyse fait partie de la paroi supérieure ou toit de ce troisième ventricule; elle est située au-dessous du bourrelet du corps calleux qui correspond à un câblage en pont entre les deux hémisphères cérébraux; elle est également située entre deux tubercules dits tubercules quadrijumeaux antérieurs qui lui forment une sorte de gouttière : le lit de la glande pinéale.

Elle est maintenue en position par de simples adhérences avec la pie-mère ( tunique interne des méninges ) puis par un certain nombre de prolongements qui, partant de sa base, vont ensuite se terminer sur des formations voisines.

La glande est dirigée d’avant en arrière; son sommet libre regarde en arrière, sa base est creusée d’un récessus diverticulaire du troisième ventricule, qui accroît encore sa mobilité et en avant de la glande pinéale, la paroi du troisième ventricule est formée dans toute son étendue par une simple lame épithéliale : la membrane tectoria du troisième ventricule

La glande pinéale est de la grosseur d’un petit pois, mesure 7 à 8 mm de longueur sur 4 à 6 mm de largeur et pèse 25 cg.

 

.L’épiphyse repose sur les feuillets vasculaires de la toile choroïdienne, mais ne présente pas d’irrigation artérielle propre, comme le laisserait supposer l’explication mécanique de Descartes sur le fonctionnement par le flux des "esprits animaux".

 

Sur le plan microscopique, bien sûr inconnu de Descartes, qui appelle de ses vœux la combinaison de verre permettant comme pour l’astronomie de révéler l’infiniment petit, après avoir fait découvrir le monde de l’infiniment grand, il faut retenir que le tissu de la glande comprend des fibres orientés dans tous les sens, et des cellules présentant les formes les plus variées, mais souvent avec des enclaves : grains ou boules.

 

Chez le bœuf ou le veau, un certain nombre de fibres sont des fibres musculaires striées, la mélatonine a été extraite des épiphyses de bœuf; chez le cheval, curieusement, la glande renferme du pigment en abondance. L’ensemble donnait à penser qu’il s’agissait en fait d’un reliquat non fonctionnel apparenté à l’organe pinéal des lézards. Il faut retenir surtout que, non seulement chez les vieillards mais encore chez les adultes et même chez certains enfants, il existe dans des loges de la glande des concrétions séreuses de volumes et de formes variables qui, à la coupe, présentent une série de couches concentriques calcifiées.

 

Ces calcifications sont connues depuis longtemps en radiologie, puisque avant l’essor de l’imagerie médicale actuelle, elles permettaient d’envisager le diagnostic de tumeur cérébrale, lorsqu’elles étaient déplacées et en particulier sur le cliché de face, lorsqu’elles ne se situaient plus sur la ligne médiane.

C’est donc l’anatomie comparée qui nous a fourni l’explication d’un troisième oeil à l’état de vestige, mais il faut se rappeler qu’en dehors de l’hypothèse de Descartes qui en faisait le siège de l’âme, ou pour être plus précis le siège de l’union de l’âme et du corps, d’autres hypothèses plus tardives faites par Magendie (maître de Claude Bernard ) qui en faisait un espèce de tampon destiné à interrompre comme un clapet la circulation du liquide céphalo-rachidien entre le troisième ventricule et l’aqueduc de Sylvius.

Certains considèrent que certaines cellules de l’épiphyse ont migré pour former les noyaux supra-chiasmatiques qui, comme leur nom l’indique, se situent au-dessus du croisement des nerfs optiques, en avant du troisième ventricule.

 

Retenons surtout les caractéristiques anatomiques qui avaient entraîné l’interprétation de Descartes:

  • - glande unique et médiane
  • - au sommet du tronc cérébral
  • - dans la concavité des hémisphères cérébraux
  • - très mobile ( ce qui est fondamental dans le rôle de distribution mécanique des "esprits animaux" )et qui l’oppose à l’hypophyse, laquelle est fixe à la face inférieure du cerveau, bloquée dans une fossette osseuse appelée joliment la " selle turcique du sphénoïde"

 

Dans son interprétation, Descartes restait en fait dans la tradition qui remontait à Galien d’un fonctionnement central du cerveau par rapport aux conceptions plus modernes envisagées par les savants arabes qui privilégiaient le fonctionnement pluri-focal.

 

 

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